vendredi 11 mai 2012

Election de F.Hollande : Quel avenir pour les candidats à l’immigration en France ?


Sujet sensible et à polémique pendant toute la campagne électorale, l’immigration était  l’une des grandes divergences entre le candidat socialiste et le président sortant Nicolas Sarkozy.  Longtemps taxé de laxiste sur cette  question, François Hollande entend bien fait preuve d’une vraie fermeté en matière d’immigration. Quels sont donc les principales innovations auxquelles on va assister dès le 15 mai ?
Gestion des flux migratoires
Le président élu, contrairement à son prédécesseur, n’a pas fixé de chiffre précis en matière d’immigration. Il compte donc maintenir le nombre d’entrées actuelles des étrangers (entre 180000 et 200000). En outre, il ne désire pas réduire le nombre de nouveaux étudiants étrangers soit 60000 par an.
Régularisation des sans-papiers
Aucun changement ne s’opèrera à ce niveau, le président élu ne désire pas effectuer une régularisation massive des sans-papiers. La politique actuelle restera donc en vigueur.
Expulsion des sans-papiers
François Hollande s'est engagé à supprimer le placement en rétention des enfants, pour lequel la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme mais tous les autres étrangers adultes en situation irrégulière seront reconduit dans leur pays dans des délais plus courts.
Par ailleurs, en matière d'intégration, François Hollande agirait sans tarder pour la lutte contre les délits de faciès et pour l’abrogation de la circulaire Claude Guéant qui vise les étudiants étrangers.
Autant de mesures qui vont dans le bon sens mais qui leur sont cependant insuffisantes.

jeudi 10 mai 2012

Si vous voulez comprendre pourquoi notre Afrique est condamné

Avis d'un journaliste sur l'avenir de L'afrique. Qu'en pensez-vous? 

Tres profond, a mediter! Il arrive dans la vie qu'une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J'attendais tranquillement un ami au terminus d'autobus de Montréal quand un monsieur d'un certain âge a pris place à mes côtés avant d'engager l'une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d'études stratégiques dans un institut international, l'homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s'il vous plaît, ne sortez pas la rancune du «colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu'il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats : « Cela fait maintenant plus de 25 ans que j'enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j'ai eu affaire à des dizaines d'officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point de vue des études stratégiques, de l'analyse et de l'anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu'à ma connaissance, dans toute l'Afrique francophone, il n'y a pas un seul centre d'études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête. Je vais vous expliquer pourquoi je n'ai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : l'énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l'Afrique apporte quelque chose. Rien. Zéro. Commençons par l'énergie et précisément le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d'ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des task force chargés d'étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que quoi qu'il advienne, leur approvisionnement sera assuré. Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu'un retour à la préhistoire ! Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n'est prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l'on retrouve d'autres gisements. Pour l'Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d'arme. C'est pathétique. Ensuite, la défense stratégique. L'état de déliquescence des armées africaines est si avancé que n'importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Je pense qu'il s'agit plus d'armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l'Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens.. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol...... Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident passe par une recolonisation de l'Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d'âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s'accrochent à ces chimères. Je pense qu'il est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa pistonnés qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu'au jour où le ciel lui tombera sur la tête. Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d'excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu'ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept a un but : garder les pays pauvres comme sources d'approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisque l'Afrique n'a toujours pas un plan cohérent de développement économique et d'indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Pour moi, l'indépendance signifie d'abord un certain degré d'autonomie. Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l'étranger, vous comprendrez qu'un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir. Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote. Je parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu'il en pensait. Il m'a répondu : « Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et la présence syrienne les étouffe ». C'est la réponse typique de la naïveté emprunte d'angélisme. Je lui ai expliqué que ces manifestations ne sont ni spontanées ni l'expression d'un ras-le-bol. Elles sont savamment planifiées parce qu'elles ont un but. Israël piaffe d'impatience d'en découdre avec le Hezbollah et puisque Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l'envahir et y faire ce qu'elle veut. J'ai appelé cet officier sénégalais il y a deux jours pour lui rappeler notre conservation. Malheureusement, il était passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien. J'espère vraiment qu'un jour, les Africains auront conscience de la force de l'union, de l'analyse et de l'anticipation. L'Histoire nous démontre que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l'Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement. Mais tant que vous aurez le genre de dirigeants que je rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s'arrache par l'intelligence et la force. Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l'Union africaine ou la CEDEAO décide de créer un Institut africain d'études stratégiques crédible et fiable, les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l'enjeu est autre, il s'agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l'Afrique. Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l'apport des experts occidentaux se contenteront de faire du copier-coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent. Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d'en faire d'abord pour votre propre « intérêt ». O.S. (journaliste, Montréal) 27 juillet 2006 SVP : Veuillez transmettre ce message aux amis et connaissances africains et à tous ceux qui se soucient du réveil de l'Afrique.

lundi 7 mai 2012

Comment les étrangers ont participé à la défaite de Nicolas Sarkozy ?


A l’instar de plusieurs milliers de militants socialistes à la Bastille, des millions d’africains n’ont pas caché leur enthousiasme le 06 mai au soir face à l’alternance qui s’est opéré en France. En effet, il n’est un secret pour personne qu’en fonction de sa politique étrangère  notamment en Lybie et en Côte d’Ivoire, le président sortant n’est pas très apprécié sous les tropiques. D’ailleurs, on se demande si ses prises de position souvent très à droite dans l’entre-deux tours n’ont pas sérieusement favorisé l’élection du candidat socialiste ?
La question mérite d’être posée  car si l’élection de François Hollande ne représente qu’un symbole de démocratie pour les africains d’Afrique et de la diaspora, ils y ont fortement contribué.
En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles dont la plus grande partie est originaire du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.
LES ERREURS DE NICOLAS SARKOZY
Dans un discours assez contesté sur le continent, le président français a affirmé «l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire ».  Ces termes dénotent d’un mépris clair envers l’Afrique et donc de ses ressortissants.
La gestion de la crise ivoirienne représente la seconde belle échec du président sortant car plusieurs mois après l’installation du président-ami, démocratiquement élu, la situation sociale reste très fragile sinon comment expliquer que les forces de l’actuel président, eux aussi responsables au même titre que le président déchu, des exactions commises pendant la période de transition n’ont nullement été inquiétés par les juridictions internationales.
L’autre fait important de ce quinquennat affligeant pour l’Afrique est la chute du guide Libyen. Car si bien sûr, l’opération a été menée par l’Otan, la France est bel et bien, l’élément moteur de ce drame. Ainsi, si aux yeux de l’Occident, l’opération est à saluer du fait de la chute d’un dictateur, les africains du Sahel en général et du Mali en particulier sont les seuls qui récoltent les retombées de cette crise. Aujourd’hui la situation en Lybie ne s’est pas amélioré et les rebelles autrefois combattant de Kadhafi hautement armés désirent la séparation du territoire malien et plongent ainsi le pays dans une situation des plus déplorables.
Certes Nicolas Sarkozy pensait prendre les meilleures décisions mais  ceux-ci suscitent tout de même des interrogations car c’est très peu acceptable qu’un président qui désirait arrêter les pratiques occultes de la Françafrique admette la réélection d’un président  africain dictateur  quand celui-ci est l’un de ses proches. Nous avons par exemple les cas du Congo et du Niger.
Le quinquennat écoulé fût aussi marqué par une stigmatisation des étrangers à travers les propos et les actions du ministre Guéant.
La diversité culturelle renforce une nation et les étrangers participent à l’économie. Fort de cette affirmation, on peut bien comprendre le rejet de cette catégorie de citoyens pour le président candidat. Ce qui fait de François Hollande, une solution contre ce climat de division qui régnait dans le pays. D’ailleurs, les citoyens français d’origine étrangère attendent énormément de ce nouveau président dont on espère changera réellement les choses.

jeudi 3 mai 2012

Le Match Hollande-Sarkozy vu d’Afrique


Nicolas Sarkozy l’attendait avec impatience, les militants de François Hollande avec beaucoup d’appréhension. Il  a enfin eu lieu ce mercredi 02 mai, le débat inévitable de l’entre-deux tours et a été très suivi par les français. Mais aussi par les africains car il a été retransmis en direct sur plusieurs chaines nationales. Que pouvons-nous retenir réellement de ce débat ? Quel impact pour l’Afrique  en cas d’élection ou de réélection de l’un ou l’autre des candidats?
Si plusieurs intellectuels africains critiquent la diffusion de ce débat présidentiel sur les premières chaînes locales et jugent celle-ci inopportune, plusieurs observateurs s’accordent à dire que les élections présidentielles en France représente un enjeu important pour l’Afrique. Car en tant que puissance colonisatrice, il existe des relations bilatérales très fortes entre ce pays et le vieux continent.
Ceci a d’ailleurs été bien démontré lors du débat quand les deux candidats invités à se prononcer sur la politique africaine ont  donné des points de vue bien soutenus. En effet, Nicolas Sarkozy a dit vouloir renforcer la coopération avec le Mali après une élection présidentielle démocratique dans le pays. Quant à François Hollande, on a bien compris qu'il préfère être prudent à cause des otages d’Aqmi.
Cependant, revenons un peu sur les propositions des deux candidats pour l’Afrique.
NICOLAS SARKOZY DANS LE CONSERVATISME
Dans un premier  temps, avec sa proposition  d’aider le Mali à la seule condition qu’il y ait d’abord une élection présidentielle démocratique, on se demande si cela est le meilleur choix pour un pays aujourd’hui divisé en deux. L’idée du passif n’est-elle pas une voix pour laisser s’envenimer la situation ?
Dans un second temps, la politique africaine de ces cinq dernières années témoigne à part la gestion de la crise ivoirienne d’un chaos totale. La démarche lybienne n’a aucunement fait l’unanimité car une chose est de déstabiliser un dictateur mais une autre aurait été d’assurer l’Après Kadhafi. La crise sociale aujourd’hui en Lybie est très illustratrice.
Ainsi, nous pouvons affirmer que le président-candidat s’inscrit totalement dans la dynamique laxiste des précédents présidents de la cinquième république en matière de politique africaine.
FRANCOIS HOLLANDE DANS L’INNOVATION       
Contrairement à son adversaire, le candidat socialiste dit vouloir « rompre avec la Françafrique en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité.» Il a même ajouté que le temps du paternalisme et de la condescendance était  derrière nous.
La question est de savoir comment arriverait-il à réaliser un tel « exploit », lui grand héritier de Mitterrand parce que proposer ce n’est pas promettre ni faire.
En tout cas, accordons le bénéfice du doute à celui qui « croit dans le potentiel de notre continent ».
Ainsi sur le plan économique, François HOLLANDE  ne veut pas réduire l’effort de solidarité international de la France.
En outre, mesure très importante pour nos frères qui étudient à l’Etranger, pour le candidat favori « Les étudiants étrangers sont les meilleurs ambassadeurs de la France dans le monde. »Et « La France doit attirer et accueillir les talents ». Il retirera  donc la circulaire Guéant.
Alors comme pour convaincre les africains, en cas de victoire, celui qui est arrivé en tête du premier tour du 22 avril dit être « prêt à prononcer « un grand discours anti-Dakar (« l’homme africain n’était pas assez rentré dans l’histoire »Nicolas Sarkozy) à Tunis.
Par ailleurs, si François Hollande est élu, plus question de recevoir les dictateurs en grande pompe à Paris, ni même de se taire lorsque les potentats locaux bafouent les principes démocratiques.
In fine, qu’il s’agisse du candidat de droite ou de gauche, il faut retenir qu’un pays n’a pas d’amis mais que des intérêts. L’avenir de l’Afrique dépend avant tout des africains !!!

mercredi 2 mai 2012

JOUR DU DEBAT PRESIDENTIELLE : PEUT-IL CHANGER QUELQUE CHOSE ?


02 MAI 2012, ce soir aura lieu le fameux débat télévisé du second tour des présidentielles. Comme d’ordinaire, cet évènement politique de grande envergure pourrait retenir l’attention de près de 20 millions de téléspectateurs et aurait été le fruit d’une préparation consensuel des deux parties. Cependant, vu la qualité du président-candidat qui sort challenger des suffrages du premier tour et qui rappelons-le à proposer à son opposant  trois débats afin de discuter sur tous les sujets, on se demande si ce débat pourrait bouleverser  les intentions de vote des français.
Devenue une tradition sous la cinquième république, le débat présidentiel de l’entre- deux tour a d’abord pour objectif d’éclairer une ultime fois les électeurs sur les programmes de chaque candidat.
Mais en réalité, au-delà de ceci, nous assistons à un réel affrontement entre les deux candidats qui se solde d’ailleurs par des phrases mémorables. On s’attend donc ce soir à une vraie confrontation d’idées.
ILS ONT  DEJA DEBATTU ENSEMBLE
 En effet, les deux hommes se connaissent très bien et ont même déjà débattu sur un plateau télévisé lors des élections européennes. L’ensemble des observateurs a donc reproché à François Hollande d’être peu incisif. Quant à Nicolas Sarkozy, il a prouvé qu’il était un très bon orateur.
Plusieurs années après, François Hollande dit être désormais prêt pour ce nouveau duel car comme on peut le prévoir, le président –candidat va attaquer  pour tenter de convaincre que sa candidature est la meilleure. Il est donc certain que ce débat sera un tournant décisif de sa campagne.
ENJEUX ET IMPACTS DU DEBAT
Selon Alain Duhamel, journaliste qui lança ce rite démocratique utile  en 1974, le débat ne fait généralement pas bouger le vote d’un iota mais mobilise réellement l’électorat puisqu’il ne s’appuie en général  que sur la forme des discours. Car le débat ne fait que conforter la majorité des électeurs dans leur choix et dans le meilleur des cas, seulement 300000 voix autrefois indécis peuvent bouger lors du débat.
Un dernier sondage a d’ailleurs montré que, seulement 53%  des français  pensent que ce débat peut changer  le résultat du second tour parce qu’ils suivent l’intervention avec des dispositions claires et une vraie prise de position pour leur candidat. Alors quel que soit l’issue du débat, c’est leur candidat qui en sort vainqueur. «L'électeur retient ce qu'il a envie d'entendre et estime que son champion a été le meilleur.» parce que les opinions sont déjà cristallisées pour 80% des électeurs.
L'électeur est donc plus sensible à la persuasion que quand on essaie de le convaincre ouvertement car la manière dont les médias couvrent l'actualité a plus d'influence sur l'opinion qu'un débat.
Aujourd’hui, le débat Hollande-Sarkozy, loin de «séduire» uniquement  les électeurs centristes, ce qui conduirait les candidats à rapprocher leurs positions pourrait cependant marquer une rupture, dont la finalité serait de convaincre les électeurs de Marine Le Pen, ce qui pourrait amener les duellistes à insister sur leurs divergences. Une occasion potentielle de réévaluer l'impact réel du débat.


mardi 1 mai 2012

1er Mai en France: fête du travail ou de la division du travail?

 A cinq jours du second tour des présidentielles, le 1er mai 2012 est plus que jamais politique. En effet, avec les syndicats et la gauche entre Denfert et Bastille, Nicolas Sarkozy place du Trocadéro et Marine Le Pen à l' Opéra, c'est un vrai duel à distance avant le grand débat du 02 mai.

Ainsi, habitué des réunions du 1er Mai où le Front national célèbre Jeanne d'Arc depuis les années 1 980, cette année, forte des 6,4 millions de voix qui se sont portées sur son nom, la présidente du Front a implicitement appeler a voter blanc. Alors, avec des thèmes traditionnels tels que les frontières et l'immigration, Marine mobilise aujourd'hui ses troupes comme à chaque année, place de l'Opéra et critique sévèrement aussi bien les politiques de la gauche que de la droite qu'elle juge d'irrespectueux envers ses électeurs. Elle ajoute que Nicolas Sarkozy et François Hollande sont pareils et peu nationalistes." Je vous aime trop pour vous engager dans une voie qui sera une nouvelle déception" a- t-on retenu de ce discours hautement frontiste.

Par ailleurs, la gauche et ses représentants était  aujourd'hui au côté des syndicats,premiers acteurs historiques du 1 er-Mai, Ce sont ainsi 289 manifestations et rassemblement qui ont eu lieu dans toute la France, précise la CGT. Les partis de gauche étaient en queue de cortège ou aux abords du défilé, mais leurs militants  occupaient les rangs du cortège afin de  prévenir tout débordement politique.

Et comme si ces deux rassemblements ne suffisaient pas, le président Sarkozy, après avoir utilisé le thème du "vrai travail" et qui s'est toujours contenté de recevoir à l'Elysée une corbeille de muguet a choisi de délaisser le palais et de rassembler les siens au Trocadéro pour organiser la fête du « vrai travail ».

Alors avec toutes ses tensions, le 1er mai a plutôt diviser la France. A qui la faute?

lundi 30 avril 2012

Crise cotonnière, multiples soulèvements autour de la révision de la constitution : Yayi Boni dans le déni, le Bénin dans la tourmente


Après avoir très clairement signifié sa volonté de modifier la constitution béninoise et s’être octroyé lors du dernier remaniement le portefeuille de ministre de la défense, l’homme du changement comme il se définit peut bien être à l’origine d’une importante crise sociale dans le pays.
En effet, après avoir été plébiscité par l’ensemble des béninois pour un second mandat, le président de la République a rassuré le peuple qu’il ne modifiera aucune dispositions constitutionnelles à part celles jugées caduques par l’ensemble de la classe politique. Cependant, après quelques mois d’exercice, plusieurs sources fiables et proches du chef de l’Etat nous confirme que le patron de la majorité présidentielle désire bel et bien réviser la constitution notamment les articles se rapportant à la durée du mandat et aux conditions de révision de celle-ci. D’après nos sources, le président aurait consulté les présidents des grandes institutions de la république acquis à sa cause et cette question diviserait même la mouvance présidentielle. Car  d’autres ambitions futures sont menacées. Ainsi, jusqu’où irait le président de la république pour atteindre son objectif  malgré les nombreuses résistances aussi bien de la classe politique  que de la société civile ? La question reste posée.
Par ailleurs, nous pouvons affirmer que la prochaine campagne cotonnière est dangereusement en péril. Parce qu’une fois encore, Yayi fait preuve de mauvaise foi envers les opérateurs économiques qui acceptent d’investir dans leur pays malgré les conditions difficiles.
En effet, suite aux hommes d’affaire Sefou Fagbohoun et Ajavon Sébastien, le président se sent  à nouveau menacer par Patrice Talon. Coïncidence ou preuve que le président désire plomber le secteur privé qui engorge aujourd’hui  une grande partie de la population active ?
Ce dernier, rappelons-le est la troisième fortune active du pays avec un investissement  sur fonds propres de 17 milliards de francs cfa dans l’économie béninoise.
Après, une entente cordiale entre les deux hommes, rien ne laissait présager  donc que le chef de l’état par des décisions unilatérales remettra en cause le contrat  concernant le PVI qui le lie à l’opérateur économique alors que ce dernier en avait obtenu la mise en œuvre suite à un appel d’offre international. Aussi se trouvant au bord du gouffre car convaincu de devoir verser une grosse somme d’argent pour la cessation des activités de Bénin Control à Patrice Talon, le Chef de L’Etat décide d’une garde à vue arbitraire de ce dernier  dans des conditions illégales pour son rôle dans le dossier relatif à la fourniture d’intrants agricole  alors qu’il avait lui-même délégué une commission internationale pour faire la lumière sur ce dossier. Car, il est certain qu’une personnalité de ce rang ne peut être retenue au commissariat de police si le premier magistrat de la république n’en est pas informé.
Revenons un peu constater les incohérences de ce dossier d’intrants agricoles et les probables lourdes conséquences de cette arrestation.
Au début de laffaire, une polémique a été engagée par le ministère de lagriculture autour de la quantité de coton produite au cours de la campagne écoulée. La procédure de sélection des fournisseurs dintrants pour la campagne a été plusieurs fois reportée. Conséquence, en fin du mois davril, les intrants ne sont pas toujours disponibles alors que les pluies ont commencé. Pour trouver une solution à la situation, le conseil des ministres a décidé de larrivée dune commission de lUemoa dont la mission est encore en cours car il savèrerait que les producteurs de lor blanc ont été simplement grugés par les fournisseurs d’intrants agricoles au nombre desquelles Reckia Madougou et Sakinatou Alfa Orou Sidi, elles aussi distributrices et importatrices  d’intrants coton au même titre que P.Talon et M.Adjovi mais qui n’ont nullement été arrêtées.
 Ceci prouve donc d’ors et déjà un acharnement politique  sur les deux hommes car comment expliquer que ces agitations du pouvoir interviennent à un moment où le projet de révision de la constitution du Chef de l’Etat n’a pas encore eu un soutien de taille.
Aujourd’hui, grâce  à une mobilisation exceptionnelle de tous les acteurs de la filière coton au tribunal de Cotonou, monsieur Patrice Talon a été libéré, aucune charge étant retenue contre sa personne. Yayi n’espérait certainement pas ce revirement de situation mais comme l’on dit plusieurs personnes, on ne s’attaque pas à tout le monde de la même façon car il s’agissait d’un homme très influent et de milliers d’emplois menacés.
In fine, rappelons que de tels agissements du régime en place ne favorisent pas la stabilité sociale. De plus, avec la situation difficile des caisses de l’Etat, ceci compromet sans nul doute les recettes issues de la filière coton.