mercredi 30 janvier 2013

Le rideau tombe sur la campagne "I am a GYINER"


Photo de groupe de tous les participants avec l'ambassadeur des USA  près le Bénin 













" Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite" a dit Henry Ford. Et tels était les mots forts de l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique près le Bénin lors de la cérémonie de clôture du programme "I am a Gyiner" abrité par le Centre Culturel Américain le vendredi 25 janvier 2013.

En effet, dans sa vision d'inciter les jeunes béninois à l'entrepreneuriat afin de stimuler l'économie, la mission Américaine n'a ménagé aucun effort pour soutenir le programme. L'ambassadeur des Etats-Unis, son Excellence Monsieur Michael Raynor s'est déplacé lui-même pour encourager les jeunes entrepreneurs en herbe lors de cette cérémonie de clôture. Dans son allocution, il a présenté les différentes façons dont la mission américaine travaille à soutenir les efforts de la jeunesse béninoise dans le domaine de l'entrepreneuriat. L'ambassadeur a donc exhorté les jeunes à rester ensemble et à s'entraider afin de réaliser de grandes choses.

Suite à cette allocution d'ouverture, Monsieur Tiburce CHAFFA, coordonateur de la campagne "I am a GYINER" a rappelé qu’il faut renforcer la relation entre nous les Jeunes, la mission diplomatique Americaine et tous les autres partenaires afin de susciter une génération de leaders et entrepreneur qui changent notre continent. Pour se faire, le GYIN organise des activités œuvrant  pour le renforcement des capacités de la jeunesse dans le sens de l'innovation. Ses activités faut-il le rappeler sont financées par le Fond International pour le DéveloppementAgricole (FIDA) et PHELPS STOKES, une organisation non-gouvernementale Américaine qui intervient dans les domaines de l'agro-business, l'innovation, le leadership et la création d'emploi.

L'évènement a donc débuté par une foire des produits exposés par 22 jeunes entrepreneurs en herbe qui ont été sélectionnés au niveau national. Les 22 lauréats ont compéti et après une sélection des 10 meilleurs, deux ont été retenus brillamment pour représenter le Bénin suite à leur présentation remarquable sur leur produits ou service, son  impact sur la communauté et sa rentabilité face au public et à un jury de bonne facture.

Sarah Codjoh, créatrice de perles et accessoires made in Benin a donc été sacrée meilleure entreprise culturelle et Abiodoun Koutchika, CEO de Heavy Company, meilleure entreprise sociale. Ils représenteront donc le Bénin à Rome en Italie en Octobre prochain dans le cadre de l'Atelier International des Jeunes. Ce serait également une occasion pour ces entrepreneurs de découvrir de nouveaux marchés riches en opportunités.

On leur souhaite plein de bonheur! Aux autres qui n'ont pas été choisi, ils peuvent être fiers d'eux  car dans un concours, le plus important n'est pas de gagner mais de participer. Encore plus pour des jeunes aussi talentueux. On a donc hâte d'avoir des nouvelles de leur aventure au sein d'une si belle institution : Le GYIN


jeudi 24 janvier 2013

Le GYIN Bénin accueille de nouveaux ambassadeurs

Au Centre Culturel Américain de Cotonou le 22 janvier 2013, les responsables du GYIN Bénin ont accueilli en leur sein de nouveaux ambassadeurs de l'organisation sélectionnés de part leur impact sur la communauté suite à une campagne dénommée " I'm a Gyiner". C'était en présence de plusieurs responsables de la mission américaine au Bénin, des représentants des organisations partenaires au GYIN tels que PHELPS STOKES et tout ceci dans une ambiance détendue.

Loin des conférences formelles et strictes des rencontres de ce type, les responsables du GYIN Bénin ont accueilli de fort belle manière le 22 janvier de nouveaux ambassadeurs de l'organisation, des jeunes innovants et entrepreneurs. C'était  l'une des sobres salles du Centre Culturel Américain de Cotonou qui a accueilli cette cérémonie et réuni les nouveaux et les anciens du GYIN Bénin. D'entrée, les nouveaux ambassadeurs du GYIN se sont présentés et on pouvait noter que tous venaient d'horizons divers. Mais principalement de l'agro-business et ayant une volonté affichée de faire bouger leur communauté et in fine participer au développement.

Outre cette ambition, les jeunes ont également démontré que la jeunesse est le poumon d'une société à travers leurs différentes activités. 
Suite à cette étape, s'en est suivi les explications du coordonnateur de la campagne "I'm a Gyiner" sur l'historique du GYIN en général et du GYIN Bénin en particulier. C'est ainsi que Tiburce CHAFFA, premier responsable de cette communication, jeune entrepreneur au Bénin et au niveau international,  a rappelé que le GYIN veut rassembler les potentialités de la jeunesse béninoise, accompagner leurs initiatives et leur apprendre à coordonner leurs activités. Aussi, le représentant de PHELPS STOKES a affirmé que la jeunesse est une catégorie importante de la communauté et la solution doit inéluctablement venir de cette communauté. Monsieur Thom GALLEMORE  a donc assuré que son institution sera là pour accompagner les opportunités que les jeunes eux mêmes auront trouvés.
A sa suite, Monsieur Romaric MOUFTAOU, chargé des programmes au Centre Culturel Américain a réaffirmé le soutien des moyens logistiques du CCA pour améliorer le leadership des jeunes entrepreneurs. Il a terminé son discours en précisant que 
"les pauvres sont ceux qui voient des problèmes et demandent toujours de l'aide. Elle n'est que psychologique".

C'est à Charles VIDJANNAGNI, le secrétaire général du GYIN Bénin qu'est revenu l'honneur de clôturer cette cérémonie. Dans ses propos, il a présenté la formation sur l'entrepreneuriat de la journée du 23 et son importance. Il n'a pas omis de dire qu'au cours de la journée du 25 janvier aura lieu la présentation des produits et services des participants en présence de l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique au Bénin. Présentation à  l'issu de laquelle, deux (2) jeunes seront sélectionnés pour représenter le Bénin en octobre prochain au forum international du GYIN en Italie.

Pour conclure, nous pouvons donc dire que malgré le caractère compétitif de cette cérémonie de bienvenue, GYIN Bénin promeut l'excellence et sera un creuset d'échange entre jeunes entrepreneurs du Bénin.

D'ailleurs, j’aperçois déjà deux agriculteurs réunis grâce au GYIN qui échangent sur une possible collaboration.....
On leur souhaite qu'elle se concrétise car comme le pense certainement le FIDA (Fonds des Nations Unies pour le développement Agricole), partenaire du GYIN, l'avenir est dans la terre.

Espérons qu'il y ait plusieurs organisations telles que le GYIN pour propulser la jeunesse béninoise.

Allez, je vais préparer ma présentation pour vendredi, mon blog sera peut être sélectionné ;) 

Wait and see....

mardi 15 janvier 2013

BENIN : L'armée béninoise n'est pas fiable malgré son gobelet de 300 fantassins envoyés en balade de santé au Mali

Ne vous méprenez pas ! Ce n’est pas moi qui le dis. C’est un Spécialiste !

 L’actualité internationale est dominée par la libération du Nord-Mali. Pierre Jacquemot, un chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des questions économiques et politiques africaines a essayé d’éclairer nos confrères de l’Express, l’hebdomadaire que dirige Christophe Barbier. On lui a posé une question que je vous restitue.

Question : Tout ira à peu près bien tant que la France sera au Mali, mais pour combien de temps? L’armée française saura-t-elle passer le relais? »

 Réponse du chercheur : " C’est une question capitale et il est difficile d’y répondre de manière catégorique. Mais il me semble que la préoccupation d’éviter l’enlisement est forte au sein de l’armée française. L’objectif est de passer le relais aux forces africaines de la Cedéao sur les zones libérées. Il y a des inquiétudes sur les capacités de ces dernières, mais il ne faut pas mettre les armées de tous les pays sur le même plan. Je pense par exemple au Niger, au Burkina Faso, au Sénégal et au Nigéria qui ont des armées fiables ". C’est vrai ? Notre pays le Bénin n’a pas été cité. Faut-il le constater ? C’est un chercheur qui parle. Le Bénin n’a donc pas une armée fiable. Et voilà. Ce que nous sommes, finalement, tout le monde va le savoir. Il est temps qu’on se regarde en face. L’armée béninoise existe-t-elle ? Au lieu de s’attaquer au chroniqueur qui ne fait que constater la réalité, l’état major des forces armées du Bénin ferait mieux de répondre au chercheur français et prouver que le Bénin a vraiment une armée fiable. Le chercheur français n’a pas tort de ne pas citer le Bénin. 

Au pays de Yayi Boni, l’armée n’a jamais tiré depuis 1977 et est régulièrement défiée, impuissante, par des braqueurs, même devant la Présidence de la République censée être le lieu le plus sécurisé du pays. L’armée du Bénin est fiable quand il s’agit de faire circuler les chars en pleine ville au nom de l’insécurité collective fondée sur la rumeur artificielle. L’armée béninoise est fiable à la proclamation du K-O. électoral présidentiel, surtout quand il faut poster les chars à l’entrée des domiciles des » opposants ciblés « . L’armée béninoise est fiable quand il urge, pour éviter une année blanche de l’or blanc, de « braquer » des intrants d’un particulier tant sur terre qu’en haute mer. La réalité nous rattrape. Tous les spécialistes de questions militaires sont unanimes, l’armée du Président de l’Union Africaine n’a pas la certification militaire Iso. C’et-à-dire qu’on ne peut pas compter sur elle pour poursuivre une œuvre de libération de territoire. 

 Le parlement, qui n’a même pas été consulté comme cela se devait avant l’envoi du gobelet de 300 soldats béninois au Mali, devrait saisir cette occasion pour interpeller le chef du gouvernement sur l’usage des fonds d’équipement de l’armée béninoise. 

Pour être fiable, il faudrait avoir d’abord l’équipement. Où sont passés les fonds mis à la disposition de l’armée pour acquérir des équipements modernes ? Boni Yayi, selon certaines indiscrétions, promet de faire interpeller les chefs d’états-majors qui se sont succédé sous son règne. Dès son retour de son périple joyeux, des Généraux et ministres de la défense vont se justifier d’abord à la Brigade Economique et Financière avant d’être présentés au procureur de la République.

On sait que le Bénin, notre pays est déjà dernier de l’Uemoa en matière économique. Mais être encore dernier sur le plan de la fiabilité de l’armée, franchement, la Présidence de Boni Yayi n’est pas que du bonheur. 

Herbert Houngnibo

jeudi 31 mai 2012

Afrique : Etions-nous prêts pour la démocratie ?


A la lumière d’une part des récents évènements sur le continent noir et d’autre part de la situation économique actuelle des pays d’Afrique, j’en viens à me demander si on était réellement prêts pour ce régime  de gestion assez libérale.
         En effet, loin d’admettre les régimes autoritaires et dictatoriaux, il faut admettre que la démocratie répond néanmoins à certaines contraintes.
         Essayons d’abord de vérifier d’un point de vue conceptuel si nos pays sont réellement démocratiques. Selon Encarta, la démocratie est un régime politique fondé sur la souveraineté des citoyens élisant librement leurs représentants ou encore un système fondé sur la liberté et l’égalité de chacun.
Est-ce le cas en Afrique ?
Je ne pense pas car est-ce qu’une élection peut être considérée de libre quand les hommes politiques achètent ignoblement les voix des électeurs avec les pots de vins ou bénéficient tout simplement de préférence ethnique  pour accéder aux pouvoirs ? Une élection truffée de fraudes massives du fait de la faible informatisation des outils électoraux est-elle libre et transparente ? Je n’en suis pas certaine. Autre aspect de cette définition, la souveraineté des citoyens. Dans les modèles démocratiques occidentales, les citoyens élisent leurs représentants sur la base d’un projet de société cohérent et répondant à leurs aspirations. En Afrique, où les populations sont majoritairement analphabètes, ceci n’est pas un facteur déterminant. Aussi, il n’est plus à démontrer qu’au cours des campagnes électorales, les populations des campagnes ont droit à un discours fade et mensongers bien différents de ceux des zones urbaines alors le principe de l’égalité est- elle respectée ? Non, nous n’étions pas prêts pour la démocratie.
Nous pouvons donc affirmer que les élections en Afrique n’émanent pas du peuple d’où la difficulté des dirigeants à accepter plus tard le contrôle de ce peuple.
Pour d’autres penseurs, la démocratie est  « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
En réalité, il ne s’agit aucunement du peuple qui se gouverne en Afrique mais plutôt d’une élite bien loin des situations miséreuses de la population  ou encore de personnes entourés de décideurs hautement placés au sommet de l’Etat. Vous me direz certainement que cela se passe ainsi partout et je vous répondrais que sous d’autres cieux, ces derniers ont le mérite d’être compétent.
Ancrée dans nos traditions et ayant hérité de schémas culturelles dispersés, les dirigeants de nos peuples gouvernent d’abord pour les leurs au détriment des intérêts collectifs. Résultat : les riches sont encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. Comme c’est aujourd’hui le cas en Afrique du Sud où l’inégalité économique est bien plus aisément politisées et ethnicisées. D’ailleurs, dans plusieurs Etats d’Afrique noir, on constate très clairement que depuis des décennies, le pouvoir n’appartient qu’à une région.
Il ne s’agit donc que d’une démocratie caricaturée.
Lorsque l’ancien président Congolais Pascal Lissouba affirme, « on n’organise pas les élections pour les perdre », on peut vite en déduire que les dirigeants africains n’entendent pas laisser le pouvoir une fois qui l’ont conquis de manière peu « démocratiques ». Je pus donc affirmer que le concept est d’ores et déjà très mal compris par nos présidents. Les exemples maliens et Sénégalais sont très exhaustifs.
La démocratie est donc un échec en Afrique !
Revenons maintenant sur les raisons de cet échec.
Aussi surprenant soit-il, on ne saurait aujourd’hui parler de démocratie en Afrique sans dire qu’il s’agit d’un héritage d’anciennes puissances coloniales  donc perçue de la sorte par les Africains eux-mêmes. Sa mise en œuvre effective est alors conditionnée, au moins en partie, par des antécédents, aussi peu encourageants soient-ils. Cette question historique méritait donc d’être soulevée avant toute application du régime.
Il faut aussi ajouter qu’en Afrique, il  y a une adéquation parfaite entre appartenance ethnique et adhésion politique.
Sur le plan économique, avec un taux de croissance assez faible et un développement au ralenti, le caractère indépendantiste de la démocratie favorise le laxisme et la paresse des populations en général et de la main d’œuvre active en particulier. En conséquence, il est possible que  cette étape ait un peu trop vite été franchie du fait de notre positionnement économique.
Il faut  donc non seulement  une redéfinition du principe démocratique mais aussi des pratiques économiques de 1’État, encore qu’elle puisse de toute évidence être contrariée par la mise en œuvre d’une stratégie de véritable accumulation primitive, reposant sur l’intensification de la production et non plus seulement sur l’exploitation de diverses rentes minières, agricoles, humanitaires ou diplomatiques, et impliquant à ce titre une pression politique autoritaire en vue de la réussite de l’ajustement structurel.
Les détenteurs du pouvoir politique devraient arrêter d’utiliser  leurs positions dans l’appareil de 1’Etat pour prendre le contrôle de secteurs importants de l’économie, en leur nom personnel ou par l’intermédiaire de leur réseau de parenté ou de clients.

mardi 29 mai 2012

LES FRANÇAIS SONT RACISTES !


Vous vous demandez certainement comment j’ose faire une affirmation pareille mais je vous assure que je dispose de bonnes raisons : L’acharnement contre la nouvelle garde des sceaux française, Christiane Taubira.
         Il y a encore quelques temps, elle n’était que l’élue de la gauche en Guyane mais depuis sa nomination, cette femme métissée aux tresses sur la tête  attise toutes les vieilles haines de la France conservatrice.
         Qu’il s’agisse de Marine LePen qui la traita de « modèle même de la défense du communautarisme, symbole du sectarisme, et égérie de l'indépendantisme »,  des ténors de l’UMP qui l’accusent d’avoir déclaré sur RFI  que "bruler des drapeaux français est un geste de liesse pardonnable"(propos démentis par les responsables de la chaîne) ou encore du polémiste Eric Zemmour qui va jusqu’à dire que la volonté de la nouvelle ministre de rétablir la loi contre le harcèlement sexuel aujourd’hui abrogée est un prétexte pour mener la guerre aux hommes blancs, comme si parmi les hommes noirs il n’y avait pas de responsables d’harcèlement.  Tous comme jamais, ils ne l’ont fait auparavant trouvent un malin plaisir à critiquer celle qui donna son nom à la loi contre les crimes contre l’humanité, la traite négrière et l’esclavage.
         Et lorsqu’un patron de la droite dit avoir mal à la France depuis sa nomination, on a tendance à croire  qu’elle est accusée de ne pas aimer la France comme si elle-même, elle n’était pas française.
         Alors je crois que cette forte personnalité qui n’a pas fait l’ENA pour susciter du respect des politiques mais à qui on doit de grandes luttes mérite quand même une considération car que d’autres le veuillent ou non, elle est en ce moment leur ministre de la justice à tous.
         In fine, je m’excuse de mettre tout le monde dans le même panier mais un dicton dit que quand il y a de mauvaises graines dans un lot, elle ternit l’image de tout le lot et celui-ci n’a plus aucune valeur.

samedi 26 mai 2012

Elections en Egypte : Après la révolution, le combat n’est pas gagné !


Un an après « le printemps arabe », l’Egypte se prépare à élire son prochain président. Mais cette élection est loin d’être l’assurance d’une stabilité économique et sociale dans le pays.
         Depuis la chute d’Hosni Moubarak le 11 février dernier, quatre candidats sont principalement aujourd’hui en lice pour la magistrature suprême et parmi eux, deux anciens ministres de Moubarak donc aussi responsables que lui de sa gouvernance et deux frères musulmans qui plaident pour une société régie par la charia.  Dans le premier cas, le pays retrouvera ses vieux démons (la misère, la corruption,etc..), dans le second, ayant déjà la majorité des sièges au parlement, les frères musulmans détiendront le pouvoir exécutif et de toute évidence détiendront tous les pouvoirs en Egypte. Tout comme le PND d’Hosni Moubarak. Alors que l’un ou l’autre remporte cette élection, l’avenir s’annonce sombre pour cette jeunesse qui s’est battu sur la place Tahrir, pour ce peuple qui a sacrifié ses hommes.
         Si 52 millions d’Egyptiens se sont inscrits sur les listes électorales et y mettent tout leur espoir parce que pour certains, c’est leur première fois, on a du mal à croire qu’il aboutirait à une gestion plus efficiente car l’armée qui a assuré la transition entend bien continuer à régner, en tout cas dans l’ombre. Le président élu aura donc beaucoup de mal à imposer son autorité.
         Ainsi, dans ce contexte où les réformistes sont en minorité, l’armée restée aux commandes et organisatrice de l’élection présidentielle  est soupçonnée d’être antirévolutionnaire car elle a très fortement réprimandée plusieurs manifestations de civiles. Il est donc probable qu’elle continue de soutenir plusieurs responsables de l’ancien régime. Ce qui pourrait nous faire douter sur l’organisation de cette élection combien importante. Est –elle impartial ?
         Nul ne le sait et on ne le saura certainement jamais car trop d’hommes puissants sont à la manœuvre.
         En définitive, l’incertitude est le sentiment qui domine en ce moment d’attente des résultats car ces premières élections ne suffiront pas à ce pays qui fait l’apprentissage de la démocratie pour rebâtir leur nation. Trop d’interrogations subsistent, les prérogatives du prochain président qui n’ont toujours pas été clairement définies après la révolution par exemple.
         En tout cas, espérons qu’un consensus soit trouvé tout au moins et qu’un troisième tour, n’est pas lieu dans la rue…

mercredi 23 mai 2012

Lybie : Après Kadhafi, le chaos continue !


Face au mutisme de l’ensemble des médias sur la situation actuelle de la Lybie, il urge  néanmoins que les acteurs des révoltes et les grandes puissances s’interrogent sur les raisons profondes de l’intervention militaire. Car aujourd’hui, la situation, bien loin d’être reluisante remet en cause la cohésion autrefois existante dans le camp des rebelles.
23 octobre 2011, trois jours après l’orchestration de la mort du Guide libyen, la Lybie proclame sa libération. Le monde entier en général et les libyens en particulier croient donc en un avenir meilleur mais ils seront très vite rattrapés par l’histoire.
En effet, les inquiétudes commencent quand Mustapha Abdeljalil, président du Conseil National de Transition(CNT) instaure la Charia, la fin du divorce et le retour de la polygamie avant même la mise en place d’un processus d’élection d’une Assemblée Constituante. Or on ne peut pas à la fois parler d'élire une Assemblée constituante et décréter seul de l'instauration ou de l'abolition de telle ou telle loi. Cette décision met donc en péril les libertés fondamentales et fragilise la démocratie chèrement acquise.
Ensuite, loin de faire l’unanimité non seulement au sein de son propre camp mais aussi chez les tribus fidèles à Kadhafi, Mustapha Abdeljalil est vu comme l’homme de l’occident et n’est aucunement considéré comme légitime. Résultat : Des milices et  ex-rebelles, qui ont récupéré beaucoup d'armes, sont livrés à eux-mêmes et tentent de recouvrer les ressources qu'ils obtenaient avant la révolution. Et la solution la plus simple est la violence et le racket. C’est ainsi que le mardi 08 mai, des dizaines parmi eux ont encerclé et saccagé le siège du gouvernement libyen au centre de Tripoli. Raison évoquée, le versement inégalitaire de primes à tous ceux qui ont contribué à déstabiliser l’ancien régime alors même qu’une loi d’amnistie très controversée a été soulevée à leur égard. Au cours de cet affrontement qui donna lieu à une fusillade entre les anciens révolutionnaires et les forces de l’ordre, un  jeune policier de 19 ans mourut. Et si le CNT a fortement regretté ce décès, on a du mal à croire en sa capacité de gouvernement car comme l’a souligné Stéphanie David, de la Fédération internationale des droits de l'homme « le CNT a peur des groupes armés et peut devenir très vite un système clientéliste » du fait de ses erreurs de gestion. Erreurs qu’un conseiller du premier ministre a pudiquement reconnue en affirmant « Les financements ont dû  être suspendus. Les gens de Yefren en ont conclu à tort qu'ils en étaient exclus. C'est ce malentendu qui a déclenché leur colère. » Par ailleurs, il faut ajouter que ce n’est pas la première fois que le siège du gouvernement est attaqué par d’anciens rebelles. Le 10 avril, des assaillants armés s’en étaient déjà pris au bâtiment, provoquant l'indignation du cabinet du Premier ministre et du Conseil national de transition.
Au lendemain de cette attaque du siège du gouvernement, le vice-président présente sa démission du fait de l’atmosphère de haine qui règne dans le pays. Selon certaines sources, une foule en colère réclamant la démission du gouvernement avait alors envahi le siège du CNT à Benghazi. Et lorsque Moustapha Abdeljalil est sorti pour haranguer la foule, des manifestants lui ont lancé des bouteilles en plastique vides, obligeant les forces de l'ordre à tirer des grenades lacrymogènes. "Dégage,dégage !", scandaient les protestataires lorsque le chef du CNT a pris la parole avant de se replier à l'intérieur du bâtiment. Un incident qui n'était pas une première  puisque le vice-président du CNT avait déjà été pris à partie et bousculé  par des étudiants en colère à l'université de la ville.
En outre, théâtre d'incidents, la zone frontalière entre la Tunisie et la Libye est un point névralgique pour la contrebande en tous genres et le trafic d'armes qui a explosé depuis le conflit libyen.
Autre fait marquant de l’après-Kadhafi, le risque de partition du pays survenu après de nouveaux  affrontements dans le sud libyen entre les Toubous et d'autres tribus à Sebah. Des dizaines de personnes sont alors tués. Ainsi, le mardi, 06 mars, des chefs de tribus et de milices de l'est du pays ont proclamé "l'autonomie de la Cyrénaique". Territoire qui était l’un des trois Etats de la Libye alors fédérale à  l'indépendance du pays, en 1951. La région recèle dans son sous-sol l'essentiel des ressources en pétrole libyennes. C'est aussi de là qu'est partie la fronde anti-Kadhafi. Même si, on aurait dû s’attendre à ce genre de révolte du fait de la qualité hautement tributaire de la Libye, il faut dire que le pouvoir du CNT, dont l'unité repose plus sur son opposition à l'ancien chef d'Etat libyen que sur un projet politique commun n’est pas préparé à la division du pays.
Face à tous ceci, on se demande si les élections prévues pour juin sont tenables car le CNT ayant déjà du mal à circuler dans certains endroits du pays, on voit mal comment il pourrait organiser un scrutin. Aussi, selon des services sécuritaires, un candidat aux élections aurait été assassiné peu après avoir enregistré sa candidature auprès de la Commission électorale à Oubary (sud).
A la lumière de tout ce qui précède, on peut dire  sans coup férir que la menace d’une guerre civile est donc plus que jamais d’actualité en Libye. Alors, après la mort du guide Libyen et les conséquences dans la sous-région, il revient tout au moins aux puissances occidentales de prendre leur responsabilité dans le pays afin de ne pas trahir le vrai fondement de l’intervention militaire dans ce pays : « la liberté et la paix ». Autrement, on va bien vite en déduire que les raisons étaient essentiellement économiques et qu’il fallait asservir cet Etat pour s’octroyer les plus gros contrats pétroliers et les intérêts géostratégiques comme  ce fût autrefois  le cas en Irak, en Serbie et actuellement en Syrie.