samedi 4 août 2012

NON à une intervention militaire au Mali!!!



Le Mali est en proie à une crise majeure qui a éclaté le 21 mars dernier lorsqu'un groupe  de militaires a décidé de s'emparer du pouvoir en raison de « l'incapacité du gouvernement à donner aux forces armées les moyens nécessaires de défendre l'intégrité du territoire national ». En effet, depuis plusieurs mois, le nord du pays, sous la férule de rebelles touaregs et de milices salafistes de l'Ançar Dine, échappait totalement au contrôle du pouvoir en place à Bamako. Une donne que le coup d'Etat militaire de mars dernier n'a en rien changé, le gouvernement actuel ayant toujours du mal à imposer son autorité face à des milices nordistes nombreuses et hautement armée. Cependant, contrairement aux opinions de l'ensemble de la communauté internationale notamment  de la CEDEAO, l'UA ou l'ONU qui sont plutôt favorable à une intervention militaire au nord du Mali, je pense qu'il ne s'agit pas là d'une solution à long terme.
Dans un premier temps, il est important de dire que malgré le fait que les islamistes pensent instaurer la Charria au Mali, volonté contraire à l'islamisme modérée qu'on a toujours observée dans ce pays, ils sont après tout au même titre que les rebelles du MNLA des civils. C'est à dire des populations dont l'extermination entraînera à coup sûr des problèmes sociaux, économiques et politiques. Il ne s'agit là donc pas d'une intervention militaire sans conséquences ultérieures.
Dans un second temps, le Mali est situé géographiquement à une zone très sensible. Il est frontalier  de la Mauritanie et de l'Algérie au nord, du Niger à l'est, du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l’ouest. Donc au total, le Mali est au centre de sept pays qui entretiennent avec elles des relations économiques très fortes. Revenons un peu sur les conséquences plausibles sur chaque pays. Au nord, les premiers touchés seront certainement  le Burkina ou la Cote d'Ivoire dont les régimes autoritaires se voient déjà déstabilisés. L'autre conséquence évidente serait la propagation des indépendantistes touaregs et des djihadistes surarmés, vers les autres pays sahariens ; dans ce cas le Niger aux riches gisements d'uranium serait sans doute le premier visé, et de la Mauritanie à l'Algérie, du nord Tchad au Sud de la Libye, bien peu risquent d'être épargnés! Il va sans dire donc qu'une intervention militaire au Mali aura forcément des répercussions qu'on ne mesure pas encore sur ces pays sans compter la vaste crise humanitaire que tout ceci engendrera. La stabilité de ces pays dépend donc de la stabilité au Mali.
Aussi, contre toute attente, les populations de Gao, ville principale de la région du nord Mali s'opposent parait-il à une intervention militaire dans cette ville alors que des pratiques rétrogrades des islamistes ont été dénoncés ces derniers jours. En effet, c'était sur les antennes de la radio France internationale, RFI, il y a quelques mois, un jeune du conseil régional de Gao, a clamé l'opposition des populations de la ville de Gao contre une intervention militaire. « Nous les habitants de Gao, nous sommes déçus de notre gouvernement et nous sommes contre une intervention militaire pour libérer notre territoire des mains des rebelles. Et proposons une négociation. Nous nous entendons bien avec les rebelles. Aujourd'hui, au plan de l'assistance sociale, ils sont les seuls qui nous viennent en aide. Pendant ce mois de ramadan, ils ont partagé des vivres à toutes les familles. Ils ont fait le curage des grands caniveaux de la ville, notamment au quartier 4 de la ville. Ils assurent l'alimentation de la ville en électricité et en eau. En plus de cela, les gens du Mouvement pour l'Unicité Djihadiste en Afrique de l'Ouest(Mujao), entretiennent et sécurisent l'hôpital de la ville. » A-t-il ajouté.
Alors réalité ou manipulation ? Il urge de tirer au clair cette position avant toute intervention militaire qui replongera certainement cette population dans la précarité.
Outre ces considérations, la question est de savoir si les troupes de l'Ecomog sont prêtes à entamer une telle guerre parce que les gens qui connaissent leur terrain auront toutes les facilités pour échapper aux raids venus de l’extérieur.
In fine, il n'y a pas de massacres et l'exode s'est arrêté alors que plus de 200.000 réfugiés avaient fui le nord malien, lors des combats au début de l'année donc une intervention militaire, quels que soient ses objectifs, ne peut qu'empirer la situation. La solution serait éventuellement de négocier en agitant l'option militaire, ce qui se fait actuellement. 

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